Discours

Unir les forces patriotiques et démocratiques

63/Nous pensons que c’est seulement en libérant l’État algérien que la société pourra se libérer totalement d’une classe politique obsolète et édifier une 2ème république. Nous sommes donc rassembleur. C’est, en effet, la condition pour libérer le pays du despotisme néolibéral adossé à la rente.

64/Mais le gouvernement du travail auquel nous appelons n’est pas un fourre-tout, un attrape-tout. Nous voulons agréger, dans l’action, les forces qui souhaitent le changement, l’ensemble de ceux qui souffrent de la domination étouffante du despotisme néolibéral adossé à la rente. C’est ainsi que nous concevons le front intérieur, pour en faire un levier puissant qui permette de venir à bout des obstacles dressés au plan national et international.

65/Un gouvernement du travail ce n’est pas une enseigne pour couvrir un simple gouvernement national qui viendrait intégrer et en même temps contenir de nouvelles forces. Ce  n’est pas un alibi pour le pouvoir, c’est une exigence pour la société et l’État Il ne s’agit pas de se couler dans le moule du pouvoir mais de prendre à bras le corps les défis.

66/Un gouvernement du travail ne serait pas encore en rupture avec le type de légitimité imposé jusque-là. Mais il serait un marqueur de la décrépitude du compromis avec les forces de l’argent sale après la sanction du compromis islamo-conservateur. Il viendrait répondre aux résultats des élections législatives et locales de 2017, dans leurs aspects contradictoires. Il serait le prolongement et le dépassement des précédents gouvernements.

67/Un gouvernement du travail ne devra cependant pas être celui des renoncements opportunistes et honteux sur la forme, mais un gouvernement de reprise d’initiative sur le fond. Pas seulement un cocktail arbitraire constitué pour la concertation, mais un lieu pour impulser une action décisive et préparer les conditions de l’interruption de l’ordre despotique néolibéral.

68/Nous partons de l’idée qu’il est possible de dépasser les postures défensives, voire démissionnaires, et l’atomisation des forces acquises au changement dans la voie de la démocratie. Elles ne peuvent plus rester éparpillées dans différentes organisations d’identité patriotique et démocratique et à l’intérieur de certains autres partis de nature contradictoire du fait de leur intégration dans le système qui finit par les neutraliser et neutraliser certaines forces de la société civile qui leur sont rattachées par des liens clientélistes. Et celles qui ont renoncé à la revendication de l’État théocratique ne peuvent plus se contenter de demeurer au milieu du gué, hésitantes, terrifiées par les exigences démocratiques en matière de séparation du politique et du religieux. La recomposition démocratique des champs politiques doit en réalité aboutir à la constitution d’une droite et d’une gauche répondant aux critères universels des sociétés modernes.

69/Pour toutes les forces acquises au changement, un gouvernement du travail serait un lieu d’adaptation et d’apprentissage qui assure l’unité  pour un changement en bon ordre et dans lequel le MDS se considère appelé à travailler avec ses partenaires pour se débarrasser des éventuels compromis tacites ou explicites qui lestent encore le pays et à faire avancer positivement les décantations. Ce sera un instrument de promotion des forces patriotiques et démocratiques et qui aura une attitude d’ouverture sur tous les fronts : politique, syndical, associatif. La tâche de refondation sociale, démocratique et nationale devra être l’œuvre d’un gouvernement du travail émanant de toute la société et s’appuyant sur elle, d’un large gouvernement dans lequel le MDS aura la place qui lui revient.

70/Le Mouvement Démocratique et Social a toujours été au service de l’Algérie. Il a donné à la société conscience qu’elle est l’héritière des meilleures traditions de lutte. Il l’a encouragée à assumer et régénérer les valeurs de liberté et de progrès du mouvement national, du mouvement de gauche et du mouvement démocratique. Il a accompagné toutes les luttes de la société et s’est constitué en éclaireur de leur rassemblement en articulant chaque lutte ponctuelle, sectorielle, parcellaire à la question de l’édification d’un État démocratique de droit dont le socle serait une économie productive.

71/Notre courant a joué un rôle décisif dans l’unité afin de réaliser les tâches d’édification nationale. Malgré la répression dont il était victime, il a contribué à endiguer les menaces liées aux conceptions néocoloniales et à favoriser un développement comme notre pays n’en a plus connu. Notre courant a également joué un rôle déterminant dans l’arrêt du processus de cession du pouvoir aux tenants d’un État théocratique et dans la résistance au terrorisme islamiste. Il a pris une part considérable dans la lutte commune contre l’idéologie du parti des assassins et contre les illusions du printemps arabe.

72/Si des millions de citoyennes et de citoyens exigent le changement, qu’ils ne le craignent plus, c’est aussi parce que le MDS leur a expliqué que le changement ce n’est le renoncement ni à leurs intérêts, ni aux intérêts supérieurs du pays, mais au contraire la meilleure manière de les défendre. Toute l’expérience de notre pays leur dit par ailleurs : il n’y a pas de rassemblement politique porteur de progrès social et démocratique en Algérie qui peut ignorer le MDS.

73/Pour autant, nous ne revendiquons aucun monopole sur le changement. Nous sommes pour une entente honnête des formations patriotiques et démocratiques, pour une coopération entre partenaires conservant leur diversité, disposant des mêmes droits et des mêmes devoirs, et cela sur la base d’un engagement commun à lutter effectivement contre l’argent sale et pour la transformation démocratique du pays. En ces lendemains d’élections contestées, y compris par les partis/États, un gouvernement du travail devient la seule alternative permettant d’échapper au fatalisme qui commence à gagner certains pans de la classe politique.

74/Pour nous, néanmoins, l’union n’est pas un but en soi. Personne ne doit se faire d’illusion à ce sujet : le MDS ne servira en aucun cas de marchepied à des combinaisons politiciennes qui sous une étiquette ou une autre, aboutirait à installer un gouvernement de gestion de la crise par l’austérité. Un gouvernement du travail ne doit pas servir à fixer le rapport de force et le compromis avec les forces de l’argent sale alors que la résistance de la société fait avancer les décantations vers leur conclusion logique, à savoir l’exigence de rupture.

75/Ce que le pays, ce que la société attendent c’est autre chose, c’est un véritable changement, une politique apportant enfin des solutions réelles et neuves aux problèmes pressants qui se posent à eux. C’est dans cet esprit que nous appelons à la constitution d’un gouvernement du travail et que nous soumettons notre programme au pays.

76/Notre programme vise à dépasser positivement la situation actuelle et constitue une base d’échanges pour engager résolument les tâches de transformation nationale démocratique. Nous sommes prêts à en discuter avec les différentes forces qui sont prêtes à assumer un changement démocratique. Nous voulons parvenir à un solide accord politique, à un projet commun qui servira de véritable boussole à un gouvernement du travail.

77/L’option pour un gouvernement du travail est incompatible avec la perspective de maintenir le système. Les institutions qui ont été jusque-là un instrument de reproduction du système doivent devenir l’outil de sa transformation. L’aiguisement de la crise que connaît notre pays, l’aggravation dangereuse de l’arbitraire et de l’austérité, la montée du mécontentement populaire font de cette proposition d’un large gouvernement du travail un devoir impérieux pour un mouvement démocratique de gauche. Mais vouloir en dévoyer le sens serait prendre le risque d’aggraver la crise et de le faire payer à l’Algérie par de plus grandes tragédies.

78/La proposition d’un gouvernement du travail est faîte pour rassurer l’opposition patriotique et démocratique. Elle ôterait, en effet, au pouvoir l’argument critique que constitue pour lui l’absence d’une entente durable des formations de l’opposition. Mais elle s’adresse aussi aux segments du pouvoir comprenant la grave menace que fait peser le despotisme néolibéral sur l’Algérie mais qui veulent s’assurer du caractère clairement patriotique de l’alternative de changement démocratique. S’ils craignent, les uns et les autres, d’être débordés sur le fond, notre programme doit les convaincre de saisir l’exigence.

79/Un large gouvernement du travail favoriserait, enfin, le développement du grand mouvement majoritaire capable de battre le despotisme néolibéral et de faire reculer toute tentative d’ingérence. Il constituerait pour la société une garantie pour l’avenir, les formations membres du gouvernement s’engageant solennellement devant le pays à réaliser ensemble un programme élaboré et défendu en commun.

80/Nous sommes prêts pour une grande concertation. Cela dit notre mouvement n’a jamais conditionné sa lutte pour le changement dans la perspective d’instaurer une 2ème république au déroulement des discussions au sommet entre dirigeants. C’est avant tout dans le développement de l’action à la base que se forgera l’union de toutes les forces autour d’un projet de société commun. C’est pourquoi le MDS continuera à impulser et organiser l’action autour des revendications sociales et économiques ainsi que des libertés. C’est pourquoi, aussi, il fera largement connaître le programme de gouvernement qu’il propose.

81/Toute la société est, en effet, concernée. D’abord parce que nous apportons des solutions aux problèmes qui sont les siens. Ensuite, parce que les transformations que nous préconisons ne peuvent se faire qu’avec les larges masses populaires de notre pays. Nous voulons leur appui aujourd’hui, comme nous ferons appel à leur concours demain. Nous souhaitons donc non seulement qu’elles connaissent nos propositions mais qu’elles les discutent, qu’elles nous fassent part de leur avis, qu’elles les soutiennent.

82/En soumettant aux algériennes et aux algériens cette proposition de gouvernement du travail et son programme, le Mouvement Démocratique et Social fait face une nouvelle fois à ses responsabilités devant la société, les forces politiques patriotiques et démocratiques, organisées ou non, dans la société civile, parmi les cadres et intellectuels, les animateurs du mouvement associatif et syndical. Il montre sa capacité à servir tout à la fois les intérêts immédiats de la société et l’avenir de l’Algérie. Il exprime sa détermination à faire de notre pays une Algérie moderne, de progrès et démocratique, en s’appuyant sur le développement de la conscience démocratique de la société dont la lucidité et la vigilance seront les garanties dans la voie de la paix, la sécurité, la stabilité, la citoyenneté, l‘égalité, le travail, la justice, la justice sociale et l’accès aux acquis de l’universalité.

83/Le MDS ne ménagera aucun effort car il faut à l’Algérie un gouvernement du travail et un programme de changement !

Congrès Extraordinaire du Mouvement Démocratique et social

Du 27/04/2018 au 18/05/2018

Le MDS (Mouvement Démocratique et Social) est un mouvement politique moderne. Il est l’héritier du PAGS, fondé en 1966 auquel a succédé Ettahadi-Tafat en 1993. Hachemi Chérif, son premier secrétaire général, a élaboré la ligne de double rupture avec l’islamisme politique et le système rentier. Le MDS veut édifier une 2ème république démocratique et sociale, bâtie sur un Etat de droit, la séparation du politique et du religieux, la promotion de l’algérianité et la parité entre l’homme et la femme. Il lutte contre l’import-import et la spéculation qui défendent des intérêts étroits au détriment de l’émergence de l’Algérie. Le MDS veut réhabiliter le travail et mettre en place une économie productive basé sur l’investissement et le travail comme valeur primordiale. Son objectif est d’assurer un développement durable et une répartition équitable de la richesse crée. Il est de tous les combats auprès de la société qui aspire au progrès. Il œuvre au respect des droits des peuples et à la démocratisation des rapports internationaux. Le congrès extraordinaire du 28 avril 2018 signe un retour tonitruant du MDS sur la scène politique nationale avec la désignation de Fethi GHARES comme le premier candidat à la présidentielle de 2019, avec comme mot d’ordre, pour un Large gouvernement du travail. Lors de ce congrès Hamid FERHI fût reconduit en tant que coordinateur national du mouvement et Fahem DAHI fût désigné comme secrétaire général.

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