Culture

Une crise de la nature de l’État

1/ Nous ne sommes pas les seuls à le dire : l’Algérie fait face à une grave crise. Cependant les différentes composantes du pouvoir et de la classe politique n’évoquent que des aspects parcellaires de la crise : crise de légitimité, crise budgétaire, crise identitaire… Mais la crise est un tout indissociable et sa solution ne peut être qu’un tout indissociable portant aussi bien sur son socle socio-économique que sur sa structure politico-idéologique. C’est pourquoi, depuis 1999, les tentatives de régler la crise sécuritaire en la découplant des autres aspects ont abouti au seul résultat possible  : le développement n’a pas été la conséquence mécanique de la paix.

2/L’Algérie a tenté de se redéployer au niveau international et de prendre des initiatives pour régler les conflits à ses frontières. Elle n’a cependant pas traité, chez elle, toutes les causes de l’instabilité. Elles sont pourtant de même nature que dans tous les autres pays de la région où se posent aussi des problèmes sécuritaires que la société algérienne a affronté au prix de sacrifices inouïs. Dans notre pays, ni la rupture avec le despotisme – dont le socle s’est constitué autour de l’alliance islamo-conservatrice – ni l’édification d’une économie productive n’ont été réalisés.

3/L’ajournement de la solution de la crise de la nature de l’État nous place devant de nouvelles conditions contraignantes et incertaines au plan international. Les questions globales se posent avec plus d’acuité. Le réchauffement climatique accélère l’exigence de transition énergétique. La crise migratoire prend des proportions plus alarmantes alors que les pays du Sahel font face à une crise multiforme.

4/L’Afrique, meurtrie par toutes sortes de fléaux, devient l’objet de toutes les convoitises, car paradoxalement elle porte le potentiel de croissance le plus fort. On y assiste à un redéploiement militaire menaçant. A nos frontières, la lutte contre le terrorisme islamiste devient le prétexte à de nouvelles ingérences.

5/Bien que l’organisation de l’État Islamique ait été défaite le monde arabe est plus fragilisé que jamais. Sa transition vers la modernité s’accompagne de conflits internes, de tentatives de déstabilisation comme au Liban et de guerres dévastatrices comme au Yémen et de l’occupation d’une partie du territoire de la Syrie.

6/Nous sommes rattrapés par les problèmes qui se posent au niveau international où la crise économique persiste et où les risques de conflits majeurs se développent. Les décisions de Trump à propos du statut d’El Qods ou de la Corée du nord mettent, en effet, le monde devant des perspectives dévastatrices. Il est à craindre que les USA les considèrent comme le seul moyen de contrarier l’émergence d’un monde où ils seraient relégués par les BRICS, par l’exigence d’un monde multipolaire et d’un nouvel ordre économique.

7/La crise financière mondiale, avec ses conséquences économiques, c’est celle du modèle néolibéral. Chez nous elle est aggravée par son caractère archaïque. L’économie souffre de distorsions graves, de gaspillages énormes et, dans certains secteurs, d’un véritable retard. D’immenses potentialités matérielles et humaines sont laissées en friche.

8/Tandis que la collusion d’intérêt, la corruption, la spéculation, la rapine et la mise à sac ont permis aux privilégiés du système d’accumuler des profits fabuleux, le pouvoir ne cesse de demander à la société de consentir de nouveaux sacrifices.

9/Dans le monde du travail, la précarité et la sous-qualification tendent à soumettre les algériens à un abandon du modèle social résultat de la révolution de Novembre. Avec l’austérité qui s’est installée tous les gains de pouvoir d’achat, acquis durant la période de l’embellie des cours du pétrole, semblent perdus. Le chômage reprend sa courbe à la hausse, frappant particulièrement les jeunes. Les algériens sont humiliés et soumis à une dégradation de leurs conditions de vie et de travail.

10/Les inégalités s’accroissent. Certes des efforts ont été consentis pour lutter contre la pauvreté, en particulier dans l’accès au logement, mais des millions d’algériens vivent dans le dénuement ou connaissent des fins de mois difficiles, car les efforts de rattrapage ont été insuffisants. Des millions d’autres voient leurs revenus rongés par l’inflation ainsi qu’une fiscalité injuste et inefficace. Les petits commerçants et les artisans  connaissent des journées de plus en plus longues, tandis que leurs difficultés s’accumulent. Les classes moyennes voient leur horizon s’assombrir et leurs compétences sont méprisées.

11/Sur le plan politique le caractère autoritaire  du pouvoir et l’étroitesse de sa base sociale amènent déjà à un bras de fer autour de la magistrature suprême. Cette lutte d’appareils prend un tour sordide et dangereux à cause de l’état de santé du Président Bouteflika. Les uns reprochent la concentration des pouvoirs, les autres l’absence de pouvoir et les derniers son caractère occulte.  Pendant ce temps, les libertés et les droits sans cesse proclamés dans la Constitution sont obstinément soumis à conditions et finalement remis en cause.

12/Le pouvoir impose aux institutions de l’État une stratégie qui constitue une atteinte grave contre l’ensemble des acquis de Novembre et de la révolution nationale démocratique. Les institutions élues paraissent comme de simples chambres d’enregistrement des décisions du pouvoir. Les collectivités locales sont tenues en bride et privées des ressources nécessaires à leur activité normale.

13/Si la participation et la concertation sont souvent invoquées par le pouvoir, les citoyens sont privés de possibilité de participer à la direction et à la gestion des affaires publiques, que ce soit à l’échelle nationale, à l’échelon local ou dans les entreprises où l’activité syndicale est contrariée. Les élections demeurent biaisées, en particulier par les atteintes au droit de candidature.  La société n’a d’autre recours que de contester l’ensemble de la classe politique à travers une large abstention et un accroissement sans précédent des bulletins nuls. La crise de la représentation est bien installée.

14/Pour masquer ses objectifs égoïstes, liés aux seuls intérêts des forces de l’argent et en favoriser la réalisation, le pouvoir invoque un nouveau modèle de croissance qui couvre une forme de national-libéralisme et ne rompt pas avec les forces de l’argent sale. Il appelle à la mobilisation de toutes les forces productives mais traite en mineurs politiques les citoyens et les travailleurs en ayant pour seul partenaire syndical l’UGTA alors qu’il rencontre toutes les organisations de chefs d’entreprises.

15/Le pouvoir avait promis la grandeur et la dignité mais la souveraineté de son peuple est piétinée. Il se présente en héritier d’une diplomatie offensive mais tourne le dos à ce qui en constituait le substrat : la volonté de consacrer les droits du peuple en édifiant une Algérie démocratique et sociale.

16/ Ceux qui ont le souci de l’avenir de l’Algérie ne peuvent qu’être préoccupés des aspects moraux de la crise actuelle. Partout semble régner l’impunité. Après les égorgeurs, ce sont les fraudeurs et les corrompus qui bénéficient d’une amnistie fiscale sur fond de scandales financiers répétés. Les forces de l’argent sale éclaboussent l’économie et la politique. La corruption est étalée, le parasitisme triomphe et des milliards disparaissent dans l’informel, la fraude fiscale, les surfacturations et la fuite des capitaux.

17/ Cette explosion de la spéculation et des détournements accompagne le développement d’une politique de l’offre qui prétend donner aux entreprises les moyens de leur développement et qui a, en réalité, alimenté les sur-profits et l’économie parallèle. C’est aussi cette orientation économique qui a amené le pouvoir à ne s’intéresser qu’aux seuls équipements collectifs qui correspondent aux besoins des entreprises tandis que le  reste connaissait des retards avec au bout, peut-être, la perspective de privatiser de larges pans du service public.

18/Dans ce pays soumis à la seule loi du plus fort et de l’argent, les fléaux sociaux prennent des proportions inquiétantes. Commerce illégal, drogue, délinquance, violence sont devenus le lot commun d’une jeunesse livrée au désespoir.  Sans perspective,  les jeunes choisissent entre le suicide et l’exil.

19/Nous sommes devant une crise profonde de projet de société. Les promesses portées par l’indépendance ont été trahies.

Le MDS (Mouvement Démocratique et Social) est un mouvement politique moderne. Il est l’héritier du PAGS, fondé en 1966 auquel a succédé Ettahadi-Tafat en 1993. Hachemi Chérif, son premier secrétaire général, a élaboré la ligne de double rupture avec l’islamisme politique et le système rentier. Le MDS veut édifier une 2ème république démocratique et sociale, bâtie sur un Etat de droit, la séparation du politique et du religieux, la promotion de l’algérianité et la parité entre l’homme et la femme. Il lutte contre l’import-import et la spéculation qui défendent des intérêts étroits au détriment de l’émergence de l’Algérie. Le MDS veut réhabiliter le travail et mettre en place une économie productive basé sur l’investissement et le travail comme valeur primordiale. Son objectif est d’assurer un développement durable et une répartition équitable de la richesse crée. Il est de tous les combats auprès de la société qui aspire au progrès. Il œuvre au respect des droits des peuples et à la démocratisation des rapports internationaux. Le congrès extraordinaire du 28 avril 2018 signe un retour tonitruant du MDS sur la scène politique nationale avec la désignation de Fethi GHARES comme le premier candidat à la présidentielle de 2019, avec comme mot d’ordre, pour un Large gouvernement du travail. Lors de ce congrès Hamid FERHI fût reconduit en tant que coordinateur national du mouvement et Fahem DAHI fût désigné comme secrétaire général.

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